Emotion

Emotion… 2 conférences prévues dans la ville qui m’offert le terreau intégratif (et qui m’a vu faire ma crise d’ado 😉 : Pondicherry!!! <3
Une conférence/dédicace le vendredi 9 mars à Ma Pondy Cherie et une conférence “Comment trouver sa passion” au lycée français de Pondicherry, le mardi 13 mars

Grenoble en été, ^^, “Une ombre est une ombre quand même

Grenoble en été
^^
“Une ombre est une ombre quand même.”
Paul Éluard
“Quand mes pensées s’arrêtent
Et figent les instants
Quand en moi se répètent
D’autres lieux d’autres temps
Quand d’un mot d’une phrase
S’estompe le décor
Et quand un ange passe
D’ennui ou de remords…
Je cours après mon ombre
Et nul ne sait
Quand la folle nature
Me fait de grands cadeaux
Quand d’une fleur d’un murmure
Me vient comme un écho
Quand soudain souvenances
Vont s’accrochant aux heures
Et quand réminiscences
M’emplissent de langueur
Je cours après mon ombre
Et nul ne sait
Quand mes pensées s’arrêtent
Et figent mes pensées
Quand en moi se projettent
Appréhensions rentrées
Quand le temps et ses traces
Me gavent de frayeurs
Et quand je les ressasse
Ricanant de mes peurs…
Je cours après mon ombre
Et nul ne sait
Quand les jours en dérive
Se taisent infiniment
Quand l’image s’esquive
Et se couvre d’un blanc
Quand les anges s’éloignent
Et n’en ai chaud ni froid
Et quand regrets me gagnent
D’en être sans émoi…
Je cours après mon ombre
Et nul ne sait “
Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981
Esther Granek est une poétesse belge francophone, survivante de l’Holocauste.
Née à Bruxelles le 7 avril 1927, et morte à Tel Aviv le 9 mai 2016, Esther Granek est autodidacte du fait des lois anti juives durant l’Occupation. Pendant la guerre, en 1940, elle a déménagé avec sa famille de Bruxelles à Bagnères-de-Luchon en France, puis fut déportée dans un camp de concentration à Brens (Tarn) près de Gaillac. La famille a pu s’échapper du camp en 1941, quelques jours avant que tout le camp ne fût envoyé à l’extermination, et est retournée à Bruxelles. De 1942 jusqu’à la fin de l’occupation nazie, Esther Granek fut cachée par une famille chrétienne à Bruxelles avec de faux papiers, prétendant être leur enfant, et travailla dans leur magasin. Elle a vécu en Israël depuis 1956. Elle a travaillé à l’ambassade de Belgique à Tel Aviv en tant que secrétaire-comptable pendant 35 années. La Médaille civique de première classe lui a été décernée le 8 avril 1981 en récompense des bons et loyaux services qu’elle a rendus à la Belgique

Paul Klee dans son atelier , Lorsque Paul Klee a pris ses fonctions de «Maître» à l’école du Bauhaus de Weimar, en janvier 1921, il était…

Paul Klee dans son atelier
Lorsque Paul Klee a pris ses fonctions de «Maître» à l’école du Bauhaus de Weimar, en janvier 1921, il était déjà un célèbre artiste d’avant-garde.
“La contradiction entre notre impuissance physique et notre faculté d’embrasser à volonté par la pensée les domaines terrestre et supra-terrestre est l’origine même du tragique humain.
Cette antinomie de puissance et d’impuissance est le déchirement de la condition humaine.
Ni ailé, ni captif, tel est l’homme. “
Théorie de l’art moderne
Paul Klee
“Au-dedans de moi ondule, certainement, une mer, parce que je suis sensible.
L’irrémédiable, c’est de ressentir de telle sorte qu’à toutes les extrémités règne la tempête et nulle part un maître qui commande au chaos.”
Journal ,1957
Paul Klee
“Je suis semblable à la pente où la sève cuit au soleil, où les fleurs se dessèchent.
Seule me peut rafraîchir la nuit du Walpurgis, là, ver luisant, je vole, sachant bien où se trouve, allumée, une petite lanterne.”
Journal
Paul Klee
“On abandonne la région d’ici-bas pour aller construire de l’autre côté dans une région au-delà qui peut au moins exister intacte.
Abstraction.
Le froid romantisme de ce style sans pathos est inouï. Plus ce monde (d’aujourd’hui précisément) se fait épouvantable, plus l’art se veut abstrait, tandis qu’un monde heureux produit un art porté vers l’ici-bas.”
Journal
Paul Klee

“C’est une tendance innée et indéracinable chez l’homme que d’exercer impitoyablement, toutes les fois qu’il le peut, son éternel besoin de se…

“C’est une tendance innée et indéracinable chez l’homme que d’exercer impitoyablement, toutes les fois qu’il le peut, son éternel besoin de se faire valoir aux dépens des faibles, des pauvres, des infirmes, voire des étrangers.
Ce désir d’abaisser les autres et la réaction vengeresse qu’il fait naître sont des leviers capitaux de l’histoire mondiale que le voile élimé de tel ou tel idéal politique n’arrive guère à dissimuler.”
Les 40 jours du Musa Dagh
Franz Werfel
“Les hommes qui veulent sincèrement penser ressemblent souvent au ver à soie, qui accroche son fil à toutes choses autour de lui, et ne s’aperçoit pas que cette toile brillante devient bientôt solide, et sèche, et opaque, qu’elle voile les choses, et que, bientôt, elle les cache ; que cette sécrétion pleine de riche lumière fait pourtant la nuit et la prison autour de lui ; qu’il tisse en fils d’or son propre tombeau, et qu’il n’a plus qu’à dormir, chrysalide inerte, amusement et parure pour d’autres, inutile à lui-même.
Ainsi les hommes qui pensent s’endorment souvent dans leurs systèmes nécropoles ; ainsi dorment-ils, séparés du monde et des hommes ; ainsi dorment-ils pendant que d’autres déroulent leur fil d’or, pour s’en parer.”
Les marchands de sommeil
Alain
” Ce n’est pas de ma faute si les âmes, dont on arrache les voiles et qu’on montre à nu, exhalent une si forte odeur de pourriture.”
Journal d’une femme de chambre
Octave Mirbeau
Oeuvre d’ Andreas Nicolas Fischer

“Convenons enfin que le régime dans lequel nous évoluons maintenant ne menace plus la démocratie, mais a mis ses menaces à exécution

“Convenons enfin que le régime dans lequel nous évoluons maintenant ne menace plus la démocratie, mais a mis ses menaces à exécution.
Nommons-là ploutocratie, oligarchie, tyrannie parlementaire, totalitarisme financier…
Que ce soit chanter, se consacrer à la philatélie, frapper dans un ballon, lire Balzac ou fabriquer des moteurs, l’oligarchie s’assure que la moindre opération socialisée s’insère dans une gestion des inscriptions et des codes qui favorisent au sommet la concentration du pouvoir.
Toute activité humaine s’organise de façon à ce qu’augmente le capital de ceux qui surplombent l’agrégat d’opérations.
Cela nous rend pauvres, à tous égards.”
La médiocratie
Alain Deneault
“La police voire l’armée s’imposeront comme les scénographes de cet État radicalement légalisé, refoulant en coulisse tout élément indésirable, au nom d’un aménagement de l’espace public et du territoire qui doit effectivement correspondre à la mise en scène et à la distribution figurative des ayants droits.”
Paradis fiscaux et souveraineté criminelle
Alain Deneault
1970 en Outaouais docteur en philosophie de l’université Paris-VIII , directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris.

“Ce qui change le monde, c’est la connaissance

“Ce qui change le monde, c’est la connaissance.
Rien d’autre, rien ne peut transformer le monde.
La connaissance seule peut le changer, tout en le laissant tel qu’il est, inchangé.
Vu sous cet angle, le monde est éternellement immuable, mais aussi en perpétuel changement.
Tu me diras que ça ne nous sert pas à grand-chose.
N’empêche que pour rendre la vie supportable, on peut le dire, l’humanité dispose d’une arme, qui est la connaissance.
les bêtes n’ont pas besoin de ça.
Parce que pour elles ça ne signifie rien : rendre la vie supportable.
Mais l’homme, lui, connaît et se fait une arme de la difficulté même de supporter l’existence, sans que pour autant cette difficulté s’en trouve pour le moins adoucie.”
Le Pavillon d’or
Yukio Mishima
War of the roses:
Yukio Mishima
from Eikoh Hosoe’s “Ordeal by Roses”
collection. | EIKOH HOSOE

“- Comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston?, Winston réfléchit:, – En le faisant souffrir répondit-il

“- Comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston?
Winston réfléchit:
– En le faisant souffrir répondit-il.
-Exactement. En le faisant souffrir.
L’obéissance ne suffit pas.
Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit , non à sa volonté, mais à la vôtre?
Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations.
Le pouvoir est de déchirer l’esprit humain en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies.
Commencez vous à voir quelle sorte de monde nous créons? C’est exactement l’opposé des stupides utopies hédonistes qu’avaient imaginées les anciens réformateurs.
Un monde de crainte, de trahison, de tourment.
Un monde d’écraseurs et d’écrasés, un monde qui, au fur et à mesure qu’il s’affinera, deviendra plus impitoyable.
Le progrès dans notre monde sera le progrès vers plus de souffrance.
L’ancienne civilisation prétendait être fondée sur l’amour et la justice, la nôtre est fondée sur la haine.
. Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation.
Nous détruirons tout le reste, tout.”
1984 George Orwell
( ed. Folio, trad. Amelie Audiberti, p 376)
“Une bonne part de ce que nous appelons plaisir n’est rien d’autre qu’un effort pour détruire la conscience. Si l’on commençait par demander : Qu’est-ce que l’homme ? Quels sont ses besoins ? Comment peut-il le mieux s’exprimer ? on s’apercevrait que le fait de pouvoir éviter le travail et vivre toute sa vie à la lumière électrique et au son de la musique en boîte n’est pas une raison suffisante pour le faire.
L’homme a besoin de chaleur, de vie sociale, de loisirs, de confort et de sécurité : il a aussi besoin de solitude, de travail créatif et du sens du merveilleux. S’il en prenait conscience, il pourrait utiliser avec discernement les produits de la science et de l’industrie, en leur appliquant à tous le même critère : cela me rend-il plus humain ou moins humain ?
Il comprendrait alors que le bonheur suprême ne réside pas dans le fait de pouvoir tout à la fois et dans un même lieu se détendre, se reposer, jouer au poker, boire et faire l’amour. Et l’horreur instinctive que ressent tout individu sensible devant la mécanisation progressive de la vie ne serait pas considérée comme un simple archaïsme sentimental, mais comme une réaction pleinement justifiée.
Car l’homme ne reste humain qu’en ménageant dans sa vie une large place à la simplicité, alors que la plupart des inventions modernes – notamment le cinéma, la radio et l’avion – tendent à affaiblir sa conscience, à émousser sa curiosité et, de manière générale, à le faire régresser vers l’animalité.”
Georges Orwell, « Les lieux de loisirs » – Essais, articles, lettres, tome 1 (1920-1940)

Thésée et le Minotaure, Le Labyrinthe, Ariane et Phèdre

Thésée et le Minotaure
Le Labyrinthe, Ariane et Phèdre.
entre 1510 et 1520
Maître des Cassoni Campana /Le Maestro di Tavarnelle ou Maestro di Ovidio ou Maestro dei Cassoni Campana /peintre français ou italien, maître anonyme qui fut actif à Florence au cours du premier quart du Cinquecento, sur des sujets mythologiques ou sacrés.
“Le rien est le mot de reconnaissance des Nobles Voyageurs.
C’est l’entrée et c’est l’issue du labyrinthe.”
Les Arcanes (1927)
Oscar Vladislas de Lubicz Milosz
(1877-1939)
“Issu d’une très ancienne famille de la vieille aristocratie lituanienne, ce poète porte dans son coeur les images du vieux pays d’enfance, mélancolique et tourmenté. Il nous les transmet dans une langue française dont il connaît toutes les arcanes et qu’il accorde parfaitement – et dans une liberté parfois déconcertante – à ses états d’âme nostalgiques, obscurs mais en quête de lumière.
Son sombre génie, tout imprégné de l’amour de la nature et d’une quête douloureuse de l’absolu, lui valut l’admiration de quelques initiés, dont Paul Valéry, qui le considérait comme une des voix les plus profondes de l’univers poétique du XXème siècle.
Il fut diplomate mais l’essentiel de sa vie fut tourné vers les “choses d’en haut” puisque tel François d’Assise, il passa une bonne part de sa vie à dialoguer avec les oiseaux et à chercher, plus haut dans le ciel ou ailleurs, quelqu’un qui serait à la fois le maître des oiseaux, le poète des poètes, et aussi – pourquoi pas? : le Créateur du ciel et de la terre.”
https://www.youtube.com/watch?v=pWzUkgmfmwo

“Ils chantaient la nature, la paix, la pitié, la bienfaisance, la candeur, les vertus domestiques; ces béats de philanthropie faisaient couper le…

“Ils chantaient la nature, la paix, la pitié, la bienfaisance, la candeur, les vertus domestiques; ces béats de philanthropie faisaient couper le cou à leurs voisins avec une extrême sensibilité,pour le plus grand bonheur de l’espèce humaine.”
Mémoires d’outre-tombe
François René, vicomte de Chateaubriand
“Tous ces gens qui ne veulent pas voir l’agonie de notre vieux monde ne sont pas des sages.
Leur placide candeur s’évertue dans une irréalité qui ressemble au néant.”
Récits des temps de guerre
Georges Duhamel
” Les bienveillants ne devinent pas que leur candeur est exploitée contre eux par la haine, et que la ruse patiente les enlace de ses fils.
Ils ne savent pas qu’il faut se faire pardonner ses bienfaits, son zèle, sa générosité, ses talents, et jusqu’à sa mansuétude, car on est détesté pour ce qu’on a de bon, si l’on est attaqué pour ses défauts.”
Journal intime
Henri-Frédéric Amiel
“La fraternité est une des plus belles inventions de l’hypocrisie sociale.
On crie contre les jésuites.
Ô candeur !
Nous en sommes tous !”
Correspondance
Gustave Flaubert
Decapitazione di Valeriano e suo fratello Tiburzio
Amico Aspertini
Bologne, 1474 – Bologne, 1552
Peintre italien, fresquiste et enlumineur de la Renaissance

” L’essence du beau est contradiction, scandale et nullement, convenance, mais scandale qui s’impose et comble de joie

” L’essence du beau est contradiction, scandale et nullement
convenance, mais scandale qui s’impose et comble de joie. “
Simone Weil
” À quatorze ans je suis tombée dans un de ces désespoirs sans fond de l’adolescence,et j’ai sérieusement songé à mourir, à cause de la médiocrité de mes facultés naturelles. (…)
Je ne regrettais pas les succès extérieurs, mais de ne pouvoir espérer aucun accès à ce royaume transcendant où les hommes authentiquement grands sont seuls à entrer et où habite la vérité.
J’aimais mieux mourir que de vivre sans elle.
Après des mois de ténèbres intérieures j’ai eu soudain et pour toujours la certitude que n’importe quel être humain, même si ses facultés naturelles sont presque nulles, pénètre dans ce royaume de la vérité réservé au génie,si seulement il désire la vérité et fait perpétuellement un effort d’attention pour l’atteindre.
Sous le nom de vérité j’englobais aussi la beauté, la vertu et toute espèce de bien, de sorte qu’il s’agissait pour moi d’une conception du rapport entre la grâce et le désir.
La certitude que j’avais reçue, c’était que quand on désire du pain on ne reçoit pas des pierres.”
Simone Weil
Lettre d’adieu au Père Perrin du 14 mai 1942, connue sous le
nom de “Autobiographie spirituelle “
” L’esprit de vérité est aujourd’hui presque absent et de la religion et de la science et de toute pensée.
Les maux atroces au milieu desquels nous nous débattons, sans parvenir même à en éprouver tout le tragique, viennent entièrement de là. “
Simone Weil
” Dans les moments suprêmes, qui ne sont pas nécessairement ceux du plus grand danger, mais ceux où l’homme se trouve, dans le tumulte des entrailles, du sang et de la chair, seul et sans stimulants extérieurs, ceux dont la vie intérieure procède tout entière d’une même idée sont les seuls qui résistent.
C’est pourquoi les systèmes totalitaires forment des hommes à toute épreuve “
Simone Weil
Simone Weil avec son père Bernard Weil